Pour une alternative à l’aire de grand passage des gens du voyage – la pétition

A la Une on 27 Oct , 2018

 

POUR UNE ALTERNATIVE À L’AIRE DE GRAND PASSAGE DES GENS DU VOYAGE

L’État, par le biais de la Préfecture de Seine-et-Marne, vient de décider d’implanter une aire de grand passage à destination des gens du voyage à l’angle du croisement de la D372 et de la D607 au rond-point dit de la Mort, sur le territoire d’Orgenoy, commune de Boissise-le-Roi et de la commune de Villiers-en-Bière.

En préambule et, pour éviter le mauvais procès que l’on ne manquera pas de nous faire, il ne s’agit pas là de s’opposer à l’établissement d’une aire de grand passage dont nous comprenons et acceptons le principe mais de démontrer qu’il n’y a pas une seule bonne raison de l’installer à cet endroit.

En quoi consiste le projet ? Sur un enclos de sept hectares dont l’accès se ferait par la D372, plus ou moins en face du château de Mémorant, on parque à même la terre enherbée, jusqu’à 250 caravanes soit l’équivalent d’un millier de personnes en occupation pleine. Or, il faut savoir qu’aucun raccordement à un quelconque réseau d’assainissement n’est prévu sur le site. Une simple citerne est censée recueillir toutes les déjections par apport volontaire des occupants qui viendraient y vider leurs pots. Quant aux eaux usées des lave-linges et lave-vaisselles et divers entretiens de véhicules ou autres, tout part directement en terre sans aucun traitement. Si l’on en juge par la visite d’aires existantes, il  y aurait deux tableaux électriques de quelques dizaines de prises et deux points d’eau pour un millier d’occupants. Le coût actuel estimé d’une telle installation est d’environ un million huit cent cinquante mille euros, sans compter l’acquisition du terrain et les frais d’indemnistation de l’actuel exploitant agricole. Le tout naturellement aux frais des contribuables que nous sommes.

La nature et la situation du terrain, tout d’abord. Il s’agit d’un prélèvement de 7 hectares de bonne terre agricole faisant partie d’une grande plaine, point de vue remarquable donnant au loin sur le hameau d’Orgenoy et la commune de Perthes-en-Gâtinais. Situé immédiatement à l’angle de l’intersection de la RD 372 et RD 607, au ras du rond-point, le projet bloque irrémédiablement la vue sur toute la plaine. Il sera par ailleurs visible à 360° de tous les environs en contradiction totale avec les principes des Grenelle 1&2 de l’environnement et la loi Notre en ce qui concerne le mitage et la préservation des terres agricoles. La zone concernée fait non seulement office de bassin versant du ru de la Mare aux Évées en cas d’inondations mais fait également partie du périmètre de protection du captage des eaux du château d’eau de Villiers-en-Bière tout proche. Rappelons à cette occasion que la définition et les contraintes liées à ce périmètre font l’objet d’un arrêté préfectoral et d’une déclaration d’utilité publique datant de 2017. Il est donc permis de douter de la pertinence d’y déverser les eaux usées de plusieurs milliers de personnes pendant des mois. D’autant plus que le terrain ne manquera pas d’être compacté par la circulation récurrente d’attelages lourds affectant sa perméabilité. Enfin, notons la proximité d’un terrain très gravement pollué à l’entrée du hameau d’Orgenoy.

A l’heure où la protection des terres agricoles fait l’objet de l’attention de tous, comment justifier la confiscation de 7 hectares au milieu d’une plaine plus vaste dont la culture s’en trouvera compliquée et affectant le paysage d’une façon désastreuse et définitive ? D’autant plus incompréhensible qu’il existe de nombreuses friches agricoles et industrielles au sein de la CAMVS qui pourraient avantageusement être réhabilitées par un tel projet.

En ce qui concerne l’accessibilité routière et la sécurité à la fois des occupants et des riverains, il est également permis de s’interroger. Le terrain envisagé, situé à la confluence de quatre routes est plombé par sa situation. En effet, le flot de véhicules attelés allant et venant ne pourra passer que par Saint-Fargeau-Ponthierry et Pringy d’un côté, traverser Melun et Dammarie-lès-Lys de l’autre, Perthes-en Gâtinais et Cély-en-Bière au sud et Fontainebleau et Chailly-en-Bière à l’est. Dans tous les cas, il n’existe aucun itinéraire de délestage et aucun n’est prévu à notre connaissance. La circulation, avec plus de 8000 véhicules/jour sur la 372 y est déjà compliquée. Or, il faut savoir que , compte tenu des règles de fonctionnement de cette aire de grand passage, nous parlons de 250 véhicules attelés entrants et 250 sortants tous les quinze jours pendant 6 à 7 mois de l’année ! Il est peu concevable que des accès soient aménagés sur la RD 607 ce qui veut dire que tout ce trafic se cristallisera à l’entrée de Perthes-en Gâtinais, face à Mémorant, peu avant la coopérative agricole (trafic très important d’engins agricoles lourds à la saison des moissons quand l’aire de grand passage est en activité maximum) soit très exactement ce dont Perthes et Cély n’avaient pas besoin. Il est d’ailleurs frappant de constater qu’aucune de ces communes n’a été, ne serait-ce qu’informée de ce qui se préparait. A noter également la proximité immédiate du centre commercial Carrefour qui sera inaccessible depuis l’aire. Compte tenu de la très forte attractivité de l’endroit, il y a fort à parier que des traversées intempestives de la RD 607 ne manqueront pas de se produire mettant en danger à la fois les piétons et les automobilistes. Le fait que le rond-point de la Mort s’appelle ainsi n’est pas anodin.

Il faut savoir que ce projet d’aire de grand passage est sur le bureau de la plupart des maires de la Communauté d’Agglomération Melun Val de Seine depuis 2005, soit 13 années pendant lesquelles aucune proposition n’a pu aboutir, chacun regardant ailleurs avec beaucoup d’application. Plusieurs pistes, pendant un temps évoquées, sont successivement tombées dans l’oubli. Maintenant que l’État, lassé, prend la main, on a très nettement l’impression que les grosses communes concernées, certaines en défaut dans leurs obligations, veulent  se débarrasser du problème en soutenant un projet repoussé aux confins extrêmes de leur territoire. A cet égard, il est totalement regrettable, voire anormal, que les communes limitrophes se retrouvent être les plus impactées sans avoir eu voix au chapitre ni même être avisées de ce qui se prépare.

Aujourd’hui, trois aires de grand passage sont opérationnelles sur les sept prévues à terme pour la Seine-et-Marne. Il s’agit des aires de Moissy-Cramayel, Nanteuil-les-Meaux et Maisoncelles-en-Brie…. Un retour d’expérience officiel, le Schéma Départemental d’Accueil et d’Habitat des Gens du Voyage 2013-2019 nous apprend que : actuellement, seule l’aire de Moissy-Cramayel fonctionne de manière satifaisante…. quant à celle de Nanteuil-les-Meaux, elle n’est plus fréquentée … le site de Maisoncelles-en-Brie a été uniquement utilisé par des petits groupes … Tout ceci est d’autant plus inquiétant que la Communauté de Communes d’Avon- Fontainebleau va devoir se pourvoir elle aussi d’une aire de grand passage et comme ni Avon ni Fontainebleau ne disposent de foncier disponible, il se pourrait bien qu’une autre aire de grand passage voie le jour à quelques kilomètres de celle envisagée à nos portes. Avons-nous réellement besoin de tout cela ?

Enfin, la loi prévoit que, dès lors qu’un territoire est en conformité avec les obligations réglementaires, il devient possible de faire intervenir la force publique pour évacuer une occupation illicite. Ce que la loi ne prévoit pas en revanche, c’est qu’il soit possible de contraindre les contrevenants à s’installer sur les aires existantes ! Techniquement, tout ceci pourrait donc être fait en vain …

 

Pour toutes ces raisons, il convient de s’opposer à ce projet qui va impacter très défavorablement notre vie quotidienne. Ceci n’est pas une fatalité, d’autres solutions sont possibles et le poids de l’opinion est souvent déterminant en la matière. Pour faire connaître la vôtre, il suffit de signer la pétition qui est disponible en mairie ou de la télécharger ici-même PÉTITION POUR TROUVER UNE AUTRE AIRE DE GRAND PASSAGE SUR L’AGGLOMÉRATION DE MELUN et la faire parvenir en mairie.

 

Pour information : la commune de Pringy a voté contre lors du conseil communautaire de la CAMVS, la commune de Perthes-en-Gâtinais est fermement opposée tout comme la FDSEA syndicat agricole et l’actuel exploitant du terrain concerné ainsi que de nombreux habitants des villes et villages alentour qui se sont manifestés lors du rassemblement sur le site le 6 octobre dernier. Le Parc Naturel Régional du Gâtinais Français a émis un rapport très défavorable et Aude Luquet, députée de Seine-et-Marne, membre de la commission développement durable et aménagement du territoire s’est déclarée favorable à une alternative à ce projet.